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09/10/2007

PETITE HISTOIRE DU DEPARTEMENT DES SCIENCES DE LA TERRE

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Comité du Bulletin des Sciences de la Terre-Rabat

MM. M’. ABERKAN ; M. EL WARTITI ; Ch. HOEPFFNER & M. ZAHRAOUI

 
 
 
 
 

PETITE HISTOIRE DU DEPARTEMENT DES SCIENCES DE LA TERRE

DES ORIGINES A 1985 

 

 

 

Informations tirées du BSTR, 1985, dépôt légal, n°269, Rabat

 

 

Cet historique a été écrit en 1985 par Yves CAILLEUX, ex-Professeur au Département des Sciences de la Terre à l’occasion de la publication du premier numéro du Bulletin des Sciences de la Terre-Rabat (BSTR).Il retrace avec une pointe d’humour les quelques 30 premières années du Département. Mais l’histoire bien sûr ne s’est pas arrêtée là et il faut espérer qu’un chroniqueur courageux continuera ce travail de mémoire et écrira la suite de l’aventure du Département. 

<<Que Dieu accueille Feu Mohamed NAMOUS, Secrétaire exceptionel du Département des Sciences de la terre, qui a dactylographié les quatre numéros du B.S.T.R.>>

 

<<…..la sortie du N° 1 du BSTR de faire l’Histoire de notre « Département-Père ». Tristeprivilège de vieux ! Je m’en suis donc, parti à la pêche, aidé par les mémoires phénoménales de deux sages : H. M’SOUGAR et G.COGNEY. Il en résulte un mini-cours de géologie marocaine un peu particulier.

 

Le « Précambrien ».

Le Département n’existe pas en tant que tel. La Faculté non plus. Ce n’est pourtant pas le chaos originel : il y a un Centre d’Etudes Scientifiques Supérieures. Les cours ont lieu dans l’actuel Institut Scientifique.

En 1947, création de la propédeutique aux études naturalistes (SPCN) et en 1951 du Certificat de Géologie. Jusqu’en 1954, les études doivent se poursuivre à Bordeaux (France). En 1956 seulement, sortie de la première promotion de Licenciés « Chérifiens » à trois gros certificats : Zoologie, Géologie, Botanique. Deux (2) enseignants  magistraux : E.ENNOUCHI et M. GIGOUT., Y.CHARNOT assure une partie des Travaux Pratiques. Les travaux de recherche traitent de Paléontologie ou de Géologie régionale. C’est l’époque à laquelle l’Oued Akrech livre ses secrets.

La « révolution panafricaine » se place en 1956 avec l’Indépendance. En 1957 : création de l’Université Mohammed V à Rabat qui restera très longtemps la seule Université laïque du Maroc, grande pourvoyeuse de cadres dans toutes les disciplines.

 

Le « Paléozoïque ».

Le département, dirigé (p.p) par E. ENNOUCHI, connaît sa première réforme (1957). Désormais, la Licence d’enseignement sera à six (6) certificats plus le SPCN. On enseigne la Géologie général et historique. Le Département voit l’arrivée d’enseignants prestigieux ( M. MATTAUER, A. FAURE-MURET ) aidés par G. CHOUBERT, collaborateur extérieur. En 1959, L. ROUSSELLE, ARSICAUT et G.COGNEY se joignent à l’équipe. H. M’SOUGAR s’y intègre en 1960, d’abord comme Assistant, puis comme Maître de Conférences après un DES à vocation paléontologique (1961). En 1964, le Certificat de géologie approfondie est mis en place sous la direction de A. FAURE MURET à qui doit l’achat des premiers stéréoscopes à miroirs encore en service actuellement (merci Feue Mademoiselle !). En 1966, venue pour deux ans d’A. MICHARD. Les étudiants  parcourent le Maroc (Rif, Sud, camp de terrain dans les Rehamna). De nombreux coopérants passent par Rabat ou s’y installent : SAINT-MARC, MATHIEU, LEZIER, CAILLEUX, GODARD. Ce sont principalement des « Parisiens ». Les travaux du Département des Sciences de la Terre suivent les deux axes : Paléontologie et Géologie structurale. En 1969, L. ROUSSELLE prend la charge du département. La Coopération avec le Service géologique est active.

La fin de cette époque est marquée par la structuration hercynotype de la réforme N°2, SPCN est supprimé ainsi que les Certificats de Spécialité. Le Royaume a besoin  d’enseignants du secondaire et les quatre années seront pluridisciplinaires (BG1 à BG4). Les étudiants qui essuient les plâtres s’appellent : B. BOUAB, M. LABRAIMI, E.K. SAAIDI. H. M’SOUGAR étant le seul Enseignant Chercheur marocain se voit renforcé par M. ALEM, Ingénieur de l’ex-URSS et Docteur de 3ème Cycle de Paris.

 
 

Le «  Secondaire »

Débute par la grande transgression de 1970 : une daya jouxtant la Faculté des Sciences se déverse dans les sous-Sols. Une partie des Collections est perdue. On part à la chasse aux étiquettes flottantes, les préparateurs nettoient les pièces à la brosse à dents.

Le vie du Département est exubérante : dures grèves de 1972 et apparition de nouvelles espèces migrantes. Elles ont pour noms : FAUGERES, NORMAND, CIRAC, TROALEN GUEUGNON, HOEPFFNER, SCHUMCHER.  La filière parisienne se double d’un phylum bordelais et d’une avancée strasbourgeoise.

La recherche continue ses anciennes optons, mais, s’ouvre en plus sur la zone rifaine et la sédimentologie. On enseigne en Travaux Pratiques des disciplines  « nouvelles » Stéréogrammes, éléments de photo-interprétation). Une partie de nos Collègues actuels suit déjà son Cursus de Licence ; la première promotion de BG4 à 11 étudiants (parmi eux : Mlle GUESSOUS , future Mme BADDISSY, enseignante à Casablanca, ENS) ; le camp de terrain de Rommani se rode. Premiers recrutements, sur Concours, d’Assistants nationaux : B. BOUAB et E.K. SAAIDI. On travaille en parfaite démocratie dans un petit Département à l’élaboration des Programmes du futur 3ème Cycle, qui ne devait se mettre en place que si l’intendance était assurée. La Géologie marine voit le jour avec l’arrivée de GENSOUS, TESSON, CARRUESCO, BIDET. Des pétrographes s’injectent : BARBIERI, HERVE.

1975 : bouffée de vocations géologiques : huit étudiants partent faire leur DEA en France ; les bourses sont octroyées par le BRPM (ancienne dénomination, actuel ONHYM). Cinq d’entre eux sont toujours en poste à l’ONAREP (aujourd’hui l’ONHYM). Les autres ont choisi finalement l’enseignement (Marrakech, INAV).

1975 encore. Bien qu’aucun joint à Iridium ne marque l’évènement, un changement de taille survient : L. ROUSSELLE rentrant à Bordeaux, la Direction du département échoit à E.K. SAAIDI. On passe au Cénozoïque !

 

 

Le « Tertiaire »

A partir de maintenant, les choses iront très vite. Sous l’impulsion de E.K. SAAIDI s’ouvre une période de recrutement de Docteurs d’Etat étrangers pour pouvoir assurer le fonctionnement du 3ème Cycle qui débute en 1976 sous le signe du bénévolat.

On verra arriver MM. G. DUEE , FERRAGNE, DEBENATH, CHOTIN, QUIN. G. DUEE, meneur d’Hommes, dynamise le Département. Une équipe alpine solide se monte avec des nationaux et de nombreux coopérants venus pour encadrer un nombre de plus en plus élevé d’étudiants. Viennent : SEVERAC, VEREZ, ROBILLARD, GAILLET, CHARRIERE, CATTANEO, HERVOUET, LAVILLE, DE LUCA, LESTRAT, VIDAL, FRIZON de LAMOTTE, IZART, CAHUZAC,  DESPLATS.

Des pétrographes forment une cellule avec KLEIN, HARMAND, LEDUC. Beaucoup étaient encore présents en 1985. D’autres ne passent que quelques temps : DUPLANTIER, LESUEUR, DUTERRAGE/VAN DER MERCH, GUILLEMIN, MOISSENET, GALZI … ; pardon si j’en oublie, amis, il y en a de trop !! Inoubliable, par contre est l’Ibn Majid, seul bateau a avoir réussi le difficile passage de la vie aquatique à la vie terrestre.

Entre 1977 et 1980, la physionomie du département bascule : de 30 enseignants avec 25 coopérants. On passe à 51 enseignants où 29 nationaux ont désormais leur place. La marocanisation est faite. Elle se concrétise encore par la première thèse d’Etat en géologie soutenue au Maroc. Pendant la même période, l’ouverture sur l’étranger, indispensable à la créativité scientifique, se fait par le départ de collègues qui choisissent de suivre leur 3ème Cycle en France. Paris, Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Brest, Lille sont ainsi en prise directe avec Rabat.

Pour s’être trop dévoué au Département et sa  recherche, E.K. SAAIDI sans doute fatigué passe la flambeau en 1981 à Mme BOUAB qui sera elle-même relayée par A. CHALOUAN. La Faculté qui avait déjà émis un pseudo-pode à l’annexe de Souissi s’étend maintenant aux Orangers (ancienne Salle des fêtes, et d’examen, puis Faculté de Médecine). Les Pétrographes y déménagent. La surélévation des bâtiments à la Faculté centrale perturbe la sérénité des chercheurs ; il pleut dans la Bibliothèque. Plus grave : le 3ème Cycle s’arrête de recruter au niveau de Certificat d’Etudes Approfondies (CEA). Les thèses en route s’achèvent, mais, le dynamisme apporté par les jeunes générations se tarit. Heureusement, cette époque est celle où s’ouvrent des actions intégrées par le Canal du CNCPRST qui continuent la politique de collaboration scientifique. De même, il est heureux que se mettent en place les années de spécialisation issues de la 3ème Réforme qui formera des géologues à part entière dès la Licence et qui dépoussière un enseignement vieux de 14 ans. Mais, n’allons pas croire que nous étions endormis, le Colloque de Sédimentologie fait FOI.

 

Le «  Quaternaire »

On gardera ici, parce qu’elle est pratique cette subdivision initialement inventée par les géographes pour manipuler des évènements subactuels et qui seront par la suite englobés pour des phénomène plus amples. Coupure aussi de vieux anthropologues qui jalonnaient le début de cette ère de l’apparition de l’HOMME. En quelque sorte, on ralentit et l’on détaille.

HAJFANI préside maintenant depuis  peu  aux destinées de notre Groupe. Son mandat se marque dès le début par l’émergence de ce Bulletin, par les discussions sur la Formation des formateurs et de celle des Techniciens. D’aucuns grincent, peu importe ! Le 3ème Cycle renaît ; soyons heureux, car, c’est un puissant moteur :HERVOUET et les futurs Docteurs d’Etat sauront le faire vivre.

Avoir été choisi comme historiographe me donne le privilège, inespéré de pouvoir exprimer mon avis. Le Département, vous l’aurez compris, n’est  pas un « machin » où l’on vient vendre de la Géologie pendant un minimum de temps. C’est une Structure vivante où l’on doit travailler en harmonie et où l’on doit se sentir « chez soi » parmi les siens. C’est votre Maison comme c’est ma  maison. C’est pour cela que, tout en étant étranger, j’ai accepté sans scrupule moral d’en retracer l’Histoire. Ces conceptions ne sont pas celles d’un autre âge, ni d’un quelconque Pays. Ce sont celles qui font «  tourner une boutique » où qu’elle soit. Sentons-nous, donc, concernés par tout ce qui se passe chez vous, faisons taire tout sectarisme et ce Bulletin des Sciences de la Terre portera témoignage de la vitalité productive de notre Département.

 Yves CAIILEUX ( qui vous prie de bien vouloir l’excuser pour toutes les omissions involontaires)                                                                                

                                                                                                                                          Rabat, 1985

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